Égalité des genres face à l’accès à l’école : veiller à l’égalité en matière de scolarisation et d’assiduité

Credit: UNESCO / Amima Sayeed

Égalité des genres face à l’accès à l’école : veiller à l’égalité en matière de scolarisation et d’assiduité

Garantir que tous les garçons et toutes les filles soient scolarisés et assidus est un effort commun. Les gouvernements sont responsables des lois, réglementations et politiques donnant les mêmes opportunités à tous en matière d’éducation. Les parents, les étudiants et les communautés ont tous leurs rôles à jouer pour garantir l’assiduité.

Dans de nombreux pays, certaines lois font obstacle à l’éducation – en particulier celles qui autorisent les mariages précoces ou qui autorisent les écoles à renvoyer les filles enceintes. Selon une étude portant sur 15 pays, l’Indonésie et la République unie de Tanzanie sont les environnements les plus discriminants pour les filles. En République démocratique du Congo, l’exclusion des filles enceintes de leur école reste fréquente. Le mariage précoce augmente les risques de sortie prématurée du système scolaire, mais il était encore pratiqué dans de nombreux pays en 2016, notamment en Afghanistan, au Bangladesh, au Népal, au Soudan du Sud, en République unie de Tanzanie et au Yémen (HRW, 2016).

Au Zimbabwe, les familles peuvent se sentir forcées de marier leur fille pour préserver l’honneur de la famille si celle-ci tombe enceinte, si elle a passé la nuit hors du domicile ou même, si elle a été vue en compagnie d’un petit ami. Selon une estimation, près d’un tiers des filles du pays sont mariées avant l’âge de 18 ans, et 4 % avant l’âge de 15 ans (HRW, 2016). Et lorsque des lois sont en place, elles ne sont pas toujours efficaces. La clé du problème est de sensibiliser les communautés sur la question en adaptant le discours à la culture locale, pour que les acteurs assument collectivement la responsabilité de la persévérance scolaire des filles (Encadré 3)

ENCADRÉ 3: Au Malawi, une action communautaire soutenue par une ONG cherche à éliminer les mariages d’enfants

Au Malawi, 50 % des femmes se marient avant leurs 18 ans, mais la responsabilité de la persévérance scolaire des filles est partagée. Sous la direction de responsables communautaires et avec le soutien d’une organisation de la société civile, des parents, écoles et responsables de gouvernements locaux d’une communauté rurale proche de Zomba ont consigné leur perception de la qualité de l’école. Des fiches de résultats ont été utilisées pour lancer le débat et soulignaient clairement l’impact du mariage précoce sur la déscolarisation des filles. Le mariage étant déjà interdit pour les moins de 18 ans au Malawi, la voie réglementaire ne pouvait pas être une solution viable.

Les chefs traditionnels sont de puissants leaders à l’autorité légitime et disposant d’un significatif pouvoir de rassemblement. Traditionnellement, ce sont également eux qui célèbrent les cérémonies de mariage. Suite à une réunion de la communauté, le principal chef de la région a regroupé tous les chefs de village et d’autres parties prenantes. En consultation avec des conseillers pour l’enseignement primaire, il a été décidé que tout chef de village autorisant un mariage précoce dans la région serait démis de ses fonctions par le chef principal, et que les parents autorisant le mariage de leur enfant auraient également à en subir les conséquences. Une décision approuvée par le commissaire de district et le responsable de l’éducation du district. Cette opposition collective au mariage d’enfants a entrainé une réduction du taux d’abandon scolaire, le faisant passer de 25 % à 5 %, et favorisé le retour de 74 jeunes filles mariées à l’école.

Sources : (GPSA, 2016; HRW, 2014; UNFPA, 2012; World Vision, 2015) (GPSA, 2016; HRW, 2014; UNFPA, 2012; World Vision, 2015).

Dans certains pays, les jeunes filles enceintes sont exclues des écoles, une tentative malencontreuse d’adopter un comportement moral. Des tests de grossesse sont réalisés régulièrement en République unie de Tanzanie, et chaque année, plus de 8000 jeunes femmes sont exclues de leur école pour cause de grossesse (HRW, 2016). D’autres pays, par exemple Fidji, proposent une voie de retour pour les jeunes femmes ayant abandonné leurs études car elles étaient enceintes (UNESCO, 2015c). Une méthode également appliquée par le Mexique, qui remet une bourse aux jeunes filles de 12 à 18 ans pour les aider à terminer leurs études (UN Human Rights Council, 2017).

Les garanties légales relatives à l’accès à l’école ne suffisent pas toujours à assurer une assiduité normale. Les coûts de l’éducation et les difficultés financières peuvent amener les parents à donner la priorité à l’éducation de certains de leurs enfants, souvent sur la base de normes sociales favorisant les garçons. Certains pays ont promulgué des lois sur l’absentéisme pour essayer d’améliorer l’assiduité, dans l’idée que la menace d’une amende ou d’une peine de prison pousserait les parents à prendre les mesures nécessaires. Néanmoins, aucune preuve tangible ne laisse supposer que ces lois permettent de réduire l’absentéisme chronique.(Atkinson, 2016) En outre, ces sévères sanctions désavantagent de manière disproportionnée les familles à faibles revenus (Hutchinson et al., 2011). La plupart des parents isolés étant des femmes, les versions anglaises et galloises de ces lois tendent à entrainer principalement des poursuites pour les mères, respectivement 59 % et 63 % des sentences entre 2002 et 2006. Ce type de solution considère à tort les mères célibataires comme étant responsable du caractère marginal de leur situation socio-économique et les stigmatisent comme étant incapables d’être de bons parents (Donoghue, 2011).

Les programmes de transfert monétaire conditionnel fournissent une assistance financière ou en nature aux familles démunies tant que leurs enfants vont bien à l’école. Issue d’Amérique latine, ce type d’initiative s’est depuis développée dans des pays à revenu faible ou intermédiaire d’autres régions du monde (Barrientos et al., 2010; Garcia and Moore, 2012). Au Mali, le programme Bourses Maman remet des bourses aux mères pour garantir que leurs filles aillent à l’école, en compensant partiellement les potentielles activités génératrices de revenus de celles-ci (UN Human Rights Council, 2017). Les transferts monétaires conditionnels s’adressent souvent aux mères, non seulement pour favoriser l’émancipation des femmes, mais également car elles sont plus susceptibles d’investir cette somme dans le capital humain de leur enfant (McGuire, 2013).

L’introduction de ces programmes de transfert monétaire conditionnel a eu un impact positif sur la scolarisation, l’assiduité et la rétention des jeunes filles, notamment au Bangladesh, au Burundi, au Pakistan, en Somalie et en Turquie (Fiszbein and Schady, 2009; UNGEI, 2017). Au Bangladesh,un programme d’allocations pour les femmes dans le secondaire a non seulement permis d’augmenter la durée des études des femmes éligibles de 2,7 ans mais aussi d’augmenter cette durée de près de 10 % pour leurs frères et sœurs (Begum et al., 2017). Au Zimbabwe, une aide ciblant les orphelines pour couvrir les frais, le matériel et assurer une aide complémentaire a permis de réduire de près de 50 % le taux d’abandon du public éligible (Iritani et al., 2016).

 

 

 

 


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